—————————-BIOGRAPHIE IT GOES—————————-

 

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7h00 du matin :

Le réveil sonne. Brutal. Trop brutal. J’ouvre un œil, sûrement le mauvais, prend le flingue de dessous l’oreiller et tire à bout portant sur le coucou…tout va bien. Un peu énervé, il est vrai, mais comme diraient les deux types rencontrés la veille : it goes. 
Quel nom bizarre…Encore au levé j’ai du mal à comprendre…It goes, Hit Goes, ItGoz, hé bien non :
ItGoes’ ! C’est sûrement pour ça que j’ai sorti mon flingue ce matin, il faut que je m’y habitue.

Moi, je suis dans la promo d’artiste, un métier sympa, sans trop de risques. Hier encore tout allait normalement, la routine. Jusqu’à 19h00 environ. C’est là qu’ils ont décidé de frapper. Boom ! Une déferlante débarque dans le bureau sans prévenir. Leurs noms, impossible de les oublier : Radam et Dandy Canzo, producteurs du label ItGoes’. Quels blazes et quelle équipe ! Je dois l’avouer j’ai flippé…

Radam, le plus grand des deux, a des allures de métisse (du genre malgache visiblement) et de disciple du Wu Tang.  Entre deux savantes répliques de Star Wars qu’il arrive à me placer – il est fort le bougre – il me présente son acolyte, un petit trapu à l’œil vif du genre rital gentilhomme : Dandy Canzo (vu le décor de la scène j’oserai l’appeler Crocodile Dandy). Je détaille le lascar et tombe sur ses chaussures, de véritables chaussures anglaises rouges vifs,  ce qui provoque immédiatement chez moi un sourire admiratif : je suis tombé sur une paire d’allumés.

Impossible de placer un mot, je fais face à un duo déchaîné que j’ai envie d’appeler « Les Puceaux de l’Industrie du Disque » tellement tout cela ressemble à leur premier coup. Bref… je suis submergé de paroles et d’explications sur un projet complètement inédit : la réunion de deux légendes de la Musique, Monsieur Gainsbourg et Monsieur Shawn « Jay-Z » Carter.

A ce moment de l’histoire, je dois avouer que mon intérêt grandi. Réunir un grand nom de la chanson française (paix à son âme) et un des ténors du Hip Hop américain révèle de l’originalité. Je commence à regarder les deux compères d’un autre œil et consent à écouter leur disque qui a pour nom JIGGABOURG. Je comprends de suite le BOURG de Serge mais saisi moins vite la nuance du JIGGA de Shawn. Ils m’expliquent alors que le dénommé Jay-Z possède plusieurs surnoms dont le fameux JIGGA. JIGGA-BOURG…OK…ils sont bons les jeunes.

J’entame l’écoute de l’album. Visiblement les a capella de Jay-Z proviennent de son soi-disant dernier album The Black Album. Tout cela me rappelle un peu certains projets déjà réalisés, comme ceux de Danger Mouse, Pete Rock ou encore 9th Wonder, mais je finis par me dire que chacun avait son intérêt donc pourquoi pas celui des ItGoes’.

Les parallèles sont intéressants, de nombreux thèmes abordés par Jay-Z étant détournés par la musique de Gainsbourg. Le Lucifer produit à l’origine par Kanye West est ainsi repris par le sample de Sorry Angel, l’enfance difficile de Jay-Z racontée sur 4th December est elle soutenue par le sample d’Aux enfants de la chance. Point culminant du disque, l’énorme sample de L’Homme à tête de chou repris sur 99 Problems. Le clip du morceau a même été remanié et mis à disposition sur le www.myspace.com/itgoesrecord. Les ambiances se suivent mais ne se ressemblent pas, l’alchimie est même surprenante.

L’écoute finie je décide d’en savoir plus sur les deux compères. Je dois avouer que le projet m’a séduit. J’apprend leur rencontre à Toulouse, au sein d’une structure locale du nom de Find a Way, début 2000. Radam et Dandy Canzo partagent alors le même intérêt pour la musique, la gente féminine et les sorties nocturnes. De quoi entamer une vraie entente virile et une belle aventure.

Au début, Radam s’exerce surtout au Rap, pratique qu’il poursuit aujourd’hui aux côtés d’artistes comme Orsey, Meven, Premium ou encore Al Peco.
Dandy Canzo, dont la petite calvitie prouve son ancien dévouement à la coupole et autres figures de Break, regarde en parallèle les premiers pas de Radam derrière Cubase, Samplitude et Sonar.
Au final, une paire de producteur se forme, chacun affûtant son style de son côté car Dandy Canzo quitte Toulouse en 2005 pour suivre un parcours en Sup de Co à Grenoble et un Master label HEC en parallèle. C’est sur cette information que je décide d’ailleurs d’ouvrir ma première bouteille de Jack Daniels.

Chacun suit ses influences. Et elles sont larges. Radam m’explique qu’il commence par écouter la musique de son père, Led Zepplin, Pink Floyd, Michael Jackson et la musique malgache de sa mère. En 1993 il tombe sur le premier album de Wu Tang Clan. De son père il garde alors les jeans XXL et plonge dans la culture Hip Hop.
De son côté, Dandy Canzo est partagé entre la musique italienne de Giana Nannini, la Soul de Marvin Gaye, l’inévitable Michael Jackson et les chansons de Dutronc, Aznavour et … Serge Gainsbourg. Le Hip Hop arrive avec Mc Solaar et Fabe, deux lyricistes qui le sensibilisent au rap français.
Aujourd’hui les deux artistes partagent les mêmes influences : de Kanye West en passant par Timbaland, Neptunes, Pharcyde, Black Star, Hocus Pocus, Redman et…Jay-Z.

Leurs explications finies, l’atmosphère s’étant détendue dans mon bureau, Radam commence à me raconter des blagues. L’homme est un vrai dictionnaire de la blague, il excelle. Dandy Canzo quant à lui –il porte bien son nom- me donne des cours de mode à l’italienne. C’est dans cette ambiance que je décide d’ouvrir ma deuxième bouteille de Jack Daniels. Les garçons sont attachants mais je me fais un peu vieux. La suite, vous la connaissez…
07h du matin…PANG !